Rapport 2009
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Ce rapport innove en examinant la migration sous le prisme du développement humain.
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Le premier Rapport mondial sur le développement humain (1990) a introduit une nouvelle manière de mesurer le développement en faisant la synthèse des indicateurs d'espérance de vie, de niveau d'études et de revenu, pour aboutir à un indicateur composite du développement humain, l'IDH (voir l’encadré 1 ci-dessous). Le tournant décisif pour l'IDH fut la création d'une statistique unique destinée à servir de cadre de référence pour le développement économique et social. L'IDH établit un minimum et un maximum pour chaque dimension, appelés balises, et indique ensuite la situation de chaque pays par rapport à ces dernières (dont la valeur varie entre 0 et 1).
La composante éducative de l’IDH est constituée des taux d’alphabétisation des adultes et des ratio bruts d’inscription dans l’enseignement primaire, secondaire et tertiaire combinés, le tout pondéré de manière à donner plus d’importance au degré d’alphabétisation des adultes. Étant donné que le taux minimum d’alphabétisation des adultes est de 0 % et le maximum de 100 %, la composante alphabétisation du savoir pour un pays dont le taux d’alphabétisation s’élèverait à 75 % serait de 0,75. La statistique du ratio brut d’inscription combiné est calculée de la même manière. La composante espérance de vie de l’IDH étant calculée sur la base d’une valeur minimum de 25 ans et maximum de 85 ans, la composante longévité pour un pays dont l’espérance de vie s’élèverait à 55 ans serait de 0.5. Pour la composante richesse, la balise du revenu minimum est de 100$ (PPA) et celle du revenu maximum de 40 000$ (PPA). L’IDH utilise le logarithme de revenu, afin de refléter l’importance décroissante du revenu avec l’augmentation du PIB. On établi ensuite la moyenne des scores des trois composantes de l’IDH dans un indicateur global. Veuillez vous reporter à la
Note technique 1 : IDH [153 KB] pour en savoir plus.
L’IDH permet d’effectuer des comparaisons instructives des expériences au sein des pays et entre différents pays.
C’est au travers de la désagrégation qu’il a notamment été possible d’améliorer l’indicateur du développement humain. L’indice global pour un pays peut en effet dissimuler le fait que certains groupes, au sein d’un même pays, ont des niveaux de développement humain très différents. On obtient les IDH désagrégés en utilisant les données des composantes de l’IDH relatives à chacun des groupes, et en traitant chaque groupe comme s’il s’agissait d’un pays séparé. De tels groupes peuvent être définis en fonction du revenu, des régions géographiques ou administratives, du milieu urbain/rural, du sexe et de l’appartenance ethnique. L’utilisation d’IDH désagrégés aux niveaux national et sous-national permet de mieux souligner les disparités et les écarts : entre les régions, les sexes, les zones urbaine/rurales et les groupes ethniques. Les analyses rendues possibles par l’utilisation des IDH désagrégés devraient aider à orienter la formulation de politiques et la mise en place de mesures pour réduire ces écarts et ces inégalités.
Il se peut que ces disparités soient déjà bien connues, mais l’IDH permet de mieux les mettre en évidence. La désagrégation par groupe social ou région peut également permettre aux communautés locales d’exiger davantage de ressources et d’engager la responsabilité des représentants locaux, faisant ainsi de l’IDH un outil de développement participatif.
Les IDH désagrégés ont été abondamment utilisés depuis leur mise en place, notamment dans les pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Brésil, Colombie, Égypte, États-Unis, Gabon, Inde, Kazakhstan, Malaisie, Mexique, Nigeria, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pologne, Trinidad-et-Tobago, Turquie, et Ukraine. Les derniers rapports nationaux sur le développement humain en Chine et au Kenya ont mis en valeur d’importantes disparités provinciales ainsi qu’entre les zones urbaines/rurales, tandis qu’une étude similaire au Guatemala a montré que ces disparités s’appliquent également aux groupes ethniques.
Dans le cadre du Rapport mondial sur le développement humain 2006, un IDH désagrégé par groupes de revenus a été calculé pour 13 pays en développement ainsi que pour les États-Unis et la Finlande. Cette étude a attiré l’attention sur les différences en matière de développement humain entre différents groupes de revenus au sein du même pays. Parmi les résultats, l’étude a révélé que le classement IDH des 20 % les plus riches de la population Bolivienne était supérieur de 97 positions à celui des 20 % les plus pauvres. De la même manière, en Afrique du Sud, le quintile supérieur se classe 101 positions au-dessus du quintile inférieure. Enfin, aux États-Unis, la valeur de l’IDH du quintile supérieur dépasse celle de tous les autres pays pour lesquels la valeur a été calculée, tandis que le quintile le plus pauvre se classe 49 positions plus bas. Pour en savoir plus sur la méthodologie et pour consulter la liste complète des résultats, veuillez vous reporter à la note technique 2 du RDH 2006,
Note technique 2 : Un indicateur du développement humain par tranches de revenus RMDH 2006 [94 KB] ainsi qu’à Grimm et autres 2006,
A Human development index by income groups HDR 2006 [326 KB].
Afin de refléter les priorités et problèmes spécifiques et de représenter plus précisément le niveau de développement de chaque pays, l’IDH utilisé dans les Rapports mondiaux peut être adapté de manière à inclure d’autres composantes dans son calcul. Les IDH ajustés doivent utiliser les mêmes méthodes de pondération et de normalisation que l’IDH original, en utilisant les valeurs maximum et minimum pour créer l’indice de la composante ajoutée. Des pondérations spécifiques aux indicateurs peuvent par ailleurs être adaptées, de manière à refléter les priorités politiques nationales.
Les ajustements supplémentaires de l’IDH pourraient aussi inclure l’augmentation de la portée des indicateurs existants pour les composantes. La catégorie d’espérance de vie pourrait, par exemple, être ajustée pour refléter les taux de mortalité maternelle ou des moins de cinq ans ; la composante revenu pour refléter le chômage, l’incidence de la pauvreté liée au revenu ou le revenu national moyen, corrigé par le coefficient de Gini ; et la composante éducative pourrait enfin être ajustée pour englober le nombre d’étudiants inscrits dans un cursus particulièrement important, comme les mathématiques et les sciences.
Il est difficile d’utiliser l’IDH pour suivre les changements du développement humain sur le court terme car deux de ses composantes, à savoir l’espérance de vie et l’alphabétisation des adultes, évoluent lentement. Pour contourner cette limitation, les composantes les plus sensibles aux changements à court terme pourraient être incluses dans l’IDH national. Par exemple, le taux de chômage, le pourcentage de la population ayant accès aux services de santé ou le pourcentage de l’apport calorique quotidien par rapport à l’apport recommandé pourraient être utilisés à la place des indicateurs traditionnels de l’IDH.
Ainsi, l’utilité et la polyvalence de l’IDH en tant qu’outil analytique pour le développement humain aux niveaux national et sous-national seraient améliorés si les pays choisissaient des composantes davantage sensibles à leurs niveaux de développement spécifiques et reflétant plus précisément leurs priorités et problèmes, plutôt que d’utiliser de façon rigide les trois composantes présentées dans l’IDH au niveau des Rapports mondiaux.
Comme indiqué précédemment, il est néanmoins crucial de respecter l’intégrité des données et d’observer avec une attention rigoureuse le protocole statistique lors de l’ajustement de l’IDH pour refléter des composantes additionnelles.
La richesse nationale a le potentiel d'élargir les choix offerts aux individus. Ceci n’est toutefois pas automatique. En effet, ce n’est pas la richesse en elle-même qui est décisive, mais la façon dont les pays dépensent cette richesse. Par ailleurs, l’obsession de la création de richesses matérielles peut masquer l’objectif final d’enrichir les vies humaines, détourner l’attention du but ultime de rendre la vie des individus plus riche.
En règle générale, les pays au revenu moyen plus élevé bénéficient également d’une espérance de vie plus longue, de taux de mortalité infantile plus bas et de taux d’alphabétisation supérieurs, et ont donc un indicateur de développement humain plus élevé. Ces associations sont toutefois loin d’être parfaites. Dans les comparaisons inter-pays, les variations du revenu ne représentent en général pas plus de la moitié de la variation en matière d’espérance de vie ou de mortalité infantile ou post-infantile. Elles représentent même dans une moindre mesure les différences entre les taux d’alphabétisation des adultes.
Bien qu’il y ait une corrélation claire entre la richesse matérielle et le bien-être humain, il existe des nuances en fonction des sociétés étudiées. De nombreux pays ont par exemple un PIB par habitant élevé mais des indicateurs du développement humain bas et vice versa. Certains pays ayant par ailleurs des niveaux de PIB par habitant similaires peuvent présenter d’importantes différences en matière de développement humain. Pour en savoir plus à ce sujet, veuillez vous reporter au document intitulé
L’état du développement humain RMDH 2006 [1,042 KB].
Étant donné la nature imparfaite de la richesse comme indicateur du développement humain, l’IDH offre une sérieuse alternative au PIB pour mesurer les progrès socioéconomiques relatifs aux niveaux national et sous-national. Comparer les classements des pays, des régions ou des groupes ethniques au sein des pays en fonction de l’IDH et du revenu par tête met en valeur la relation qui existe entre, d’un côté, leur richesse matérielle, et, de l’autre côté, leur développement humain. Tout écart négatif implique un potentiel de réallocation des ressources au développement humain.
Qu'est-ce que l'Indice du développement humain (IDH) ?
L'IDH est-il suffisant pour mesurer le niveau de développement d'un pays ?
Pourquoi le PIB par habitant (PPA US$) est-il préféré au PIB par habitant (US$) dans l'IDH ?
Pourquoi l'IDH n'inclut-il pas les dimensions de participation, de sexospécificité et d'égalité ?
Pourquoi l'IDH n'est-il pas calculé pour tous les pays membres des Nations Unies ?
L'IDH est-il comparable dans le temps ?
L'IDH est-il comparable entre les différentes éditions du RDH ?
L'IDH est-il disponible avant 1975 ?
Pourquoi la méthodologie de l'IDH a-t-elle été changée pour le RDH 1999 ?